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L'évolution de l'ameublement et du décor de l'église de Couvrelles n'est pas connue avant le XVIIIème siècle, avec le réaménagement du choeur et de la sacristie.
Après les restaurations de 1843, l'église reçoit un nouveau mobilier dans le troisème quart du XIXème siècle: maître autel, autels secondaires de la Vierge et de Saint Lubin.


Les châtelins du village offrent également plusieurs tableaux à cette époque. Après les dommages de la Première Guerre mondiale, les autels sont réparés ou remplacés et le mobilier complété, tandis qu'une verrière commémorative est posée sur la baie axiale du choeur. Un autel conforme à la nouvelle liturgie a été placé dans la croisée du transept après le Concile de Vatican II.
L'Immaculée Conception:
Pour ce tableau, selon l'iconographie traditionnelle, la Vierge est représentée dans le ciel, debout sur le croissant de lune porté par un nuage et foulant aux pieds le serpent, symbole de l'hérésie. Elle est nimbée et couronnée d'étoiles avec la colombe du Saint Esprit. elle est entourée d'anges dont un lui présente un bouquet de lys.
De l'Ecole Française, cette peinture est d'auteur inconnu et a été offerte par Roslin Casimir Charles Juste, baron d'Ivry (donateur), propriètaire du château de Couvrelles.
La doctrine de l'Immaculée Conception de la Vierge, largement favorisée par la réforme catholique après le concile de Trente, a été un sujet d'inspiration particulièrement prisé des artistes du XVIIème siècle.
Il passait alors à tort pour une copie de la célèbre "Immaculée Soult" de Murillo acquise par le Louvre en 1852, aujourd'hui au musée Prado de Madrid.
L'oeuvre s'éloigne pourtant de cette source prestigieuse et trouverait plutôt son modèle parmi les créations de l'Ecole Française du XVIIème siècle. Malgré une certaine raideur dans la posture de la Vierge, les coloris comme le traitement dynamique des anges ne sont pas sans évoquer la manière de Simon Vouet ou de peintres issus de son atelier, comme Charles Poerson.
Ce tableau a été entièrement restauré en 2006, avant de trouver son emplacement actuel au dessus du portail.
La Résurection:
Le tableau aujourd'hui présenté en partie haute à la croisée du transept est en très mauvais état. Cette oeuvre est très menacée.
Toutefois, la scène demeure heureusement identifiable. La figure du Christ ressucité s'élevant au dessus du tombeau avec son étendard, ainsi que l'attitude très expressive des soldats gardant le sépulcre relèvent du manièrisme qui caractérise la peinture française des premières décénnies du XVIIème siècle.
Le Christ en croix:
Le grand tableau de très belle facture aurait été donné au milieu du XIXème siècle par la veuve de Georges Mouton, comte et maréchal de Lobau et propriètaire du château de Couvrelles.
Il a longtemps orné le maître autel de l'église. Malgré l'altération de la couche picturale, l'oeuvre marque encore par la grande maîtrise de la composition. L'attitude très recueillie des figures, le chatoiement des couleurs des vêtements (bleu, rouge, jaune) sur fond crépusculaire évoque la manière des grands maîtres de l'Ecole Française du XVIIème siècle (Voeut, Le Sueur, Champaigne) qui ont souvent représenté la Crucifixion dans leurs tableaux, auquel l'oeuvre de Couvrelles fait peut-être référence.
Les inscriptions:
Toutes les dalles tumulaires sont aujourd'hui illisibles, sauf celle du plus ancien fermier de la ferme de la Siège, replacée sur un pillier en 1924.
Cagniard nous a conservé cinq épitaphes ou fragments d'inscriptions que nous avons eu l'occasion de reproduire. Voici encore celle de la mère d'un curé, qu'on pouvait lire autrefois dans le bas-coté méridional:
CY DEVANT REPOSE LE CORPS DE DEFUNTE JEANNE BOYAU
NATIVE DE SOISSONS VEUVE DE DEFUNT NICOLAS HENNEQUET
DEMEURANT AUDIT SOISSONS LAQUELLE ETANT AGEE DE 73 ANS
EST DECEDEE LE 24 AVRIL 1945.
PRIEZ DIEU POUR SON AME.
Plaque funéraire de Jean Dagny:
La plaque funéraire, encastrée dans un pilier du bas-coté nord, porte l'épitaphe de Jean Dagny, décédé le 10 décembre 1581, qui était laboureur à la ferme de la Siège à Couvrelles, possession de l'abbaye bénédictine Saint Médard de Soissons.
Bien que datée de la fin du XVIème siècle, la plaque présente un caractère archaÏque avec son sommet triangulaire partagé par une croix en relief et l'épitaphe rédigée en écriture gothique.
Voici trois autres inscriptions à découvrir sur le mur du bas-coté nord.

Meuble de la sacristie:
Le corps supérieur est en retrait par rapport au corps inférieur sur lequel il est posé. Deux grands placards à battant mouluré à grand cadre encadrent un corps deux fois moins élévé sur lequel ouvrent quatre petits battants moulurés à petit cadre. Le corps inférieur est pourvu de quatre battants, les deux battants centraux ouvrant de façon symétrique sur les tiroirs du chasublier.
Ce meuble en chêne adoptant des formes simples et équilibrées, soulignées par la mouluration chantournée de ses vantaux, permet de le situer parmi les meubles de sacristie produits au milieu du XVIIIème siècle, époque de réaménagement de nombreuses églises.
Autres meubles:


Statues et chapitaux:



Fonts baptismaux:
Clôtures d'autel:

Voilà en ce qui concerne en ce qui concerne tous les atouts mobiliers de notre si belle église, sauf un et de taille qui sera traité dans le prochain article: Le Vitrail
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