La Charreterie

Publié le par couvmenette

Restons à notre patimoine trés riche à Couvrelles et en particulier le petit patrimoine.

 

"C'était sous le hangar de la charreterie que la table était dressée..."

Ainsi Gustave Flaubert écrivait ces mots en 1857 dans Madame Bovary.

 

Il n'en faut pas moins pour faire quelques pas en arrière dans notre mémoire, pour les anciens et pour que nos enfants imaginent "en rêves" la vie de nos Grands-Parents.

Une ferme, une grange, des animaux... la vie de nos campagnes en quelque sorte, fabuleusement verte, riche et généreuse.

Bref, sous cette charreterie de Gustave Flaubert, nous pouvons revivre, avec un peu d'imagination ce que pouvaient être ces repas familiaux printaniers: une table, une nappe brodée aux initiales de la maîtresse de maison, du vin frais et du bon pain au levain sans parler pour le petit déjeuner du lait recueilli au petit matin, encore tiède, avec tout le monde autour de la grande table en bois, goûtant des tartines grillées dans la cheminée et quelques confitures confectionnées au fil des saisons avec amour par la Grand-Mère.

 

Charreterie 1

 

A Couvrelles, c'est une rare charreterie qui occupe la ferme de l'ancien presbytère, devenue ferme par la volonté de Casimir Charles Just Roslin, Baron d'Ivry (1813-1888). C'est lui qui transféra au XIXème siècle la ferme du Château à son endroit actuel.

De la cour du Château, il put ainsi libérer quelques bâtiments pour y aménager des écuries.

Le Baron d'Ivry, époux de Caroline Françoise Mouton (1817-1891), n'est autre que le gendre du Maréchal Mouton dont nous parlerons plus tard à l'occasion d'articles dédiés au Château.

 

 

Charreterie 14

 

Chaque ferme possédait une halle destinée à abriter les instruments aratoires,(qui concerne le travail de la terre), et les équipages.

Ces bâtiments étaient pour la plupart constitués de la même manière et leur implantation était souvent située au milieu de la cour.

 

Charreterie 13

 

Les récoltes pouvaient y être stockées lors de la fenaison ou de la moisson, si le soir venu l'orage ou la pluie menaçait avant leur déchargement.

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Tenant à la fois de la halle et du grenier, elle est couverte d'un toit à demi-croupes débordantes, caractéristique du 19ème siècle. C'est une nef en bois constituées de quatre travées. Dix piliers en chêne reposant sur un socle en pierre soutiennent la charpente. Cette dernière en chêne également, est composée de quatre fermes d'ossature et d'une partie centrale à quatre noues. Elle est entièrement assemblée par des chevilles et des boulons.

 

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Détails de la charpente.

Ce bâtiment agricole traditionnel a quasiment disparu du Soissonnais.

A l'origine la toiture à deux pans ne comportait que deux pignons avec une cloison en planches. Après la guerre, la partie centrale de la charretière a été surélevée et deux pignons à claire-voie ont été aménagés afin de pouvoir installer une batteuse à grain. En 2002, l'édifice déséquilibré par cet aménagement menaçait de s'écrouler.

Madame Omont, propriétaire de la ferme décida de la faire restaurer en s'adressant à la Fondation du Patrimoine qui a pour vocation d'intervenir en apportant des aides à la restauration d'édifices représentatifs du patrimoine local et non protégés au titre des monuments historiques.

Alertée par la beauté et la rareté de ce bâtiment la Fondation accorda une aide financière, faisant de la halle de Couvrelles le 2000ème édifice de France à bénéficier du label de la Fondation de France du Patrimoine. Les travaux ont également été financés par le Conseil Général de l'Aisne.

 

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Charreterie 17

 

  Même au coeur de l'hiver, le charme opère toujours...

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