Le lavage du linge

Publié le par couvmenette

Autrefois, on lavait le linge une fois par saison, soit quatre fois par an:

     - une lessive aux semis de printemps

     - une avant les foins

     - une avant la moisson

     - et une avant les vendanges ou les betteraves.

Les femmes mettaient le linge dans une grande cuve de pierre, appelée cuvier, ayant un écoulement au fond. Elles déposaient tout le linge sur une clayette ou "cendrier" faite de tiges de sureau épluchées; au dessus, on remettait une bonne couche de cendre de bois qui contient de la potasse, indispensable à la fabrication des détergents, ou à défaut de la cendre de carrière. Une toile couvrait la cendre. Tout un après-midi, on mettait et remettait de l'eau chaude, qui sécoulait sale. Le lendemain, on sortait le linge pour le rincer en le battant au lavoir.Lavandière-2

  De coutume, la personne ou "patronne" pour qui on lavait le linge apportait à goûter et le litre de vin à quatre heures.

 

Lavandière-1

 

Dans une époque plus récente, le lavage au lavoir se faisait une fois par semaine; celui-ci avait souvent deux parties: une grande pour le linge classique et l'autre, plus petite pour les couches. Le Garde Champêtre changeait l'eau toutes les semaines. Les femmes se mettaient à genoux sur du foin dans un baquet ou "carosse" et tapaient du battoir en imprégnant le linge avec du savon de Marseille et la boule de bleue.

Il fallait le tour de main au moment du rinçage pour tordre et jeter le linge sur les tréteaux!

Ensuite, chacune retournait chez elle, la lessive dans la brouette et le panier pour l'étendre

sur le fil à linge.

 

 

La lessiveuse

 

L'avenir du lavoir allait être bouleversé au 19ème siècle avec l'arrivée de la première lessiveuse.

En France, c'est en 1938, à Wattrelos dans le Nord, chez Flandria, que la première "barbotteuse" a été conçue. C'est une machine en bois en forme de demi-tambour effectuant un mouvement de va et vient et commandée manuellement.Machine à laver en bois

      Aujourd'hui, même si le lavage du linge reste une corvée, le travail est totalement facilité grace à nos machines chargées d'électronique.

Quant à nos lavoirs, pour ceux sauvés de la démolition, ils resteront encore très longtemps dans notre paysage si l'on veille, comme à Couvrelles, à leur état de "santé". Il font même aujourd'hui l'objet de circuits touristiques tant par leur valeur historique que par leur beauté architecturale.

Et puis, si l'information circulait très mal à cette époque, le lavoir était aussi un lieu de rencontres et de bavardage, on y était au courant de toutes les nouvelles du village...

Dans certains lavoirs, on pouvait lire cette inscription:

 

"Ici on blanchit le linge et on salit le monde..."

                      

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